CBI et Ethique

4 juillet 2008

La plupart des populations de baleines sont encore largement en dessous de leur niveau optimal (carrying capacity), mais il sera de plus en plus difficile de justifier d’un point de vue halieutique un moratoire sur la chasse, alors que (globalement) les stocks se reconstituent. Alors, quelle justification trouver ? Economique : l’écotourisme baleinier est plus rentable que la chasse, mais les deux activités sont-elles incompatibles ? Ethique : Est-il concevable de continuer à tuer (et faire souffrir) des animaux évolués ?

Si les arguments biologiques ne peuvent plus (ou ne pourront bientôt plus), justifier le moratoire sur la chasse, alors ne faut-il déplacer le débat vers des questions liées à l’éthique et à la philosophie (Faut-il tuer des animaux évolués ? Est-il acceptable de faire souffrir des animaux ? Les aspects culturels justifient-ils une atteinte à la nature ? etc.…). Il y a déjà de nombreux liens entre la science et l’éthique (génétique, reproduction, alimentation,…), alors pourquoi ne pas aborder la question de la conservation ou de la gestion des stocks cétacés (chasse) sous cet angle ?

A la commission scientifique, plusieurs sous-comités ne sont pas financés par la CBI parce qu’ils n’existaient pas à l’origine et ne répondent pas à la vocation première de la CBI  qui est la gestion des stocks. Par exemple les comités whale-watching ou petits cétacés. Mais la CBI est en pleine évolution et les pays « pro-conservation » (Australie et France en tête) veulent en faire un outil plus adapté aux besoins actuels. Dans ce cas, pourquoi ne pas proposer un sous-comité traitant de l’éthique ? Ou au moins une réunion spécifique sur le sujet lors de la prochaine commission baleinière ?

Le débat est lancé et vos commentaires sont les bienvenus. 

En ce mois de juin de Commission Baleinière Internationale, une bonne et une mauvaise nouvelle !

23 juin 2008

La bonne nouvelle…

Roosevelt Skerrit, Premier Ministre de l’Ile de la Dominique (Petites Antilles), pays « pro-chasse » depuis longtemps, a annoncé que son représentant à la 60ième Commission Baleinière Internationale (qui se tient actuellement au Chili) s’abstiendrai de voter pour une « gestion durable des ressources marines ». Entendez par « gestion durable des ressources marines », « chasse à la baleine ». Cette décision sans précédent est motivée essentiellement par la volonté du gouvernement de la Dominique de développer le « whale-watching » et de promouvoir une image d’ « île nature ». Espérons que cet exemple sera suivi par les autres Etats de la Caraïbe.

… et la mauvaise nouvelle !

Le mardi 2 juin un bateau d’Exxon Mobil faisant de la prospection pétrolière a quitté le port de Mahajanga pour se rendre en mer. Le mercredi 3 juin, il y avait une quarantaine de dauphins (péponocéphales) bloqués au fond d’un bras dedsc06479.jpg dsc06480.jpg mer qui remonte sur 60 km jusqu’au port d’Antsohihy. Le lendemain jeudi 4 juin les dauphins étaient plus d’une centaine et 27 étaient déjà morts (photos ci-joint). Au comité scientifique de la CBI, au Chili, une cellule de crise s’est très vite réunie sous l’égide du Dr. Howard Rosenbaum de la Wildlife Conservation Society. Plusieurs experts ont été envoyés sur le terrain, à la demande du gouvernement malgache, pour tenter de renvoyer l es animau x en mer et faire des autopsies sur les cadavres, afin de déterminer les causes exactes de leur mort. 

Merci aux intéressés de nous tenir au courant de la situation.

La COI à la CBI

27 mai 2008

Lors du 24ième Conseil de la COI, aux Seychelles en mars 2008, décision a été prise d’autoriser la participation d’une délégation régionale de scientifiques, à titre d’observateurs, aux travaux du comité scientifique de la Commission Baleinière Internationale (sous réserve que leur participation ne se traduise pas par des engagements de la COI).

Une délégation de cinq scientifiques des pays de la COI, accompagnée d’un représentant du Secrétariat, se rendra donc à Santiago du Chili du 1er au 13 juin 2008 pour participer au comité scientifique.  Les « heureux élus » sont :COI : Denis Etienne

Comores : Ahmed Abdoulkarim

France/Réunion : Violaine Dulau

Madagascar : Yvette Razafindrakoto

Maurice : Mira Hurbungs

Seychelles : Elvina Payet

Par ailleurs, concernant la prochaine réunion de la Commission Baleinière Internationale au Chili, nous avons récemment appris que la présidente du pays d’accueil (Mme Michelle Bachelet) avait décidé d’interdire toute activité de chasse dans les eaux chiliennes et de créer un sanctuaire pour les cétacés.  Pour en savoir plus, consulter : http://www.ens-newswire.com/ens/may2008/2008-05-21-03.asp 

Bonne lecture,

Denis

Quand les baleines font du « tourisme »…

30 avril 2008

Ci-joint un trés bon article publié le 28 avril 2008 sur CLICANOO.COM (le journal de la Réunion) et transmis par Michel Vély.

Ouvrez les yeux : les baleines arrivent!

Nos chères baleines ne vont pas tarder à arriver sur les côtes de La Réunion, où elles ont pour habitude de nouer des romances et donner naissance à de charmants baleineaux. Moments privilégiés dans la vie de ces malheureux cétacés, qui ont bien failli disparaître et que certaines nations chassent de nouveau au mépris des règles de protection édictées par la Commission baleinière internationale … 

Grâce à la protection des baleines et à la sanctuarisation relative des eaux de l’Antarctique, le mois de juin est devenu synonyme, à La Réunion et Madagascar, de saison des baleines – et même avec le whale watching, d’activité économique florissante sur l’île Sainte-Marie. Fait plaisant, depuis 2005, les observations se font précoces. Auparavant, on voyait rarement les grands cétacés – essentiellement des baleines à bosse, avant
la mi-juin. Or en 2006, la première caudale a été photographiée dans nos eaux le 4 juin. Quant au départ des baleines vers le grand Sud, il paraît se décaler de la mi-octobre vers
la mi-novembre. Un faisceau d’observations crédibles enregistrées depuis 2001 montre que les mâles traînent d’avantage que les femelles pour rejoindre les eaux chaudes, quand les mères, accompagnées de leur baleineau, seraient les dernières à mettre cap au Sud. La chose s’explique par le souci maternel de voir les petits engraisser au maximum avant d’affronter le long voyage de retour vers les eaux froides et nourricières du grand Sud. La grande transhumance de nos baleines qui naviguent sur 6 000 km, à 8 km/h de vitesse de croisière, depuis l’Antarctique, est motivée par la quête d’eaux chaudes et sûres propices à la reproduction en toute quiétude. En effet, les eaux peu profondes de nos baies les protègent contre les prédateurs qui menacent les baleineaux, tels que les orques ou les grands requins… Les vagues migratoires obéissent à un calendrier propre aux différentes espèces de baleines, ainsi qu’aux différents groupes d’individus. Certains croisent le long des côtes africaines, d’autres longent les côtes malgaches, d’autres encore optent pour les parages de Maurice et de
La Réunion. Lors de leur séjour dans l’océan Indien, les baleines sont au régime. Et pour cause, leur nourriture se compose essentiellement de krill, une soupe planctonique riche en minuscules mollusques, présente dans les eaux glaciales de l’Antarctique que les cétacés absorbent en filtrant l’eau de mer qu’elles avalent en grande quantité. Dépourvues de dents, contrairement aux cachalots, les baleines usent des fanons de leur mâchoire supérieure qui retiennent le krill.

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Le Japon et la chasse à la baleine.

21 avril 2008

Un article transmis par Jacqueline Sauzier, Présidente de la MMCS (Maurice).

Season Closes, and Japan’s Whalers Fume!

As critics on the International Whaling Commission continue targeting the country’s « research » fishery, Tokyo may opt out of the group altogether 

By Kenji Hall (BusinessWeek’s technology correspondent in Tokyo). April 9, 2008.

With this year’s whale-hunting season in the Antarctic drawing to a close, Hideki Moronuki can’t stop fuming about the Sea Shepherd Conservation Society. The anti-whaling group last month clashed at sea with the Japanese whaling boat Nisshin Maru. « Eco-terrorists, » says the head of the Japanese Fisheries Agency’s whaling division. « They use violence against anyone who doesn’t agree with their views. »

Harsh words are a staple during Japan’s hunting season in the Southern Ocean, which lasts through mid-April. In recent years, environmentalists have staged publicity stunts to try to prevent the Japanese fleet from catching some 1,000 minke, Brydes, sperm, sei, and fin whales annually. At times it can turn ugly. Last month, Sea Shepherd activists tailing the Nisshin Maru threw rancid butter onto the deck of the Japanese ship to try to spoil the whale meat on board. The Japanese crew retaliated by firing a noise-making stun gun. Both sides later claimed injuries.

Japanese consumers’ demand for whale meat peaked after World War II, when protein was in short supply; it has declined steadily since, although whale meat is still considered a traditional food. The country’s research whaling program only began in the 1990s. It spends $60 million a year on the hunts and defrays the costs by selling 5,000 to 6,000 tons of whale meat annually to wholesalers. The stated aim: To use data collected from the hunts to show that whales are plentiful. Moronuki is dismissive of groups that lump all whales into one category. « According to the super-whale theory, ‘the whale’  is threatened to extinction, » he says. « But there’s no such thing as ‘the whale.’ There’s the blue whale, the fin whale, the humpback whale, the minke whale, ‘the whale’ is not threatened to extinction. » 

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Lancement de l’étude « Réseau-cétacés-dugong »

11 avril 2008

Le bureau d’étude Synergie environnement (en association avec l’Arvam et Kaliops) a été retenu par le programme de gestion durable des zones côtières (ProGeCo) de la Commission de l’Océan Indien pour réaliser l’étude pour la création du réseau cétacés-dugong des pays de la COI.

L’étude a débutée et les nombreux partenaires du réseau (encore informel à ce stade) seront prochainement contactés pour répondre à un questionnaire. Ensuite (première quinzaine de mai), un atelier d’une journée sera organisé dans chaque pays, avec une demi journée consacrée à la constitution réseau et une demi journée consacrée à la création du site Internet.

Je vous remercie par avance de votre implication.

Ce sont vos idées qui permettront la création du réseau cétacés !

Cordialement

Denis Etienne, AT environnement marin COI

La COI à la CBI

11 avril 2008

Le 24ième conseil des Ministres des Affaires Etrangères des pays de la COI a « autorisé la participation d’une délégation régionale de scientifiques, à titre d’observateurs, aux travaux des comités scientifiques et techniques de la Commission baleinière internationale (CBI), sous réserve que leur participation ne se traduise pas par des engagements de la COI ». 

Concrètement, le Secrétariat de la COI a demandé le statut d’observateur à la CBI. 

Si la demande est acceptée, une délégation comprenant un représentant (scientifiques) de chaque pays membres de la COI ira à la prochaine réunion de la CBI au Chili en juin 2008. 

 

WDCS is the global voice for the protection of whales, dolphins and their environment

2 avril 2008

Une information qui nous vient de Florian Giroux…

Applications for funding

WDCS provides funding for marine mammal researchers to conduct cetacean conservation science projects around the world. Forms to apply for funding can be found at the bottom of this page.
Who can apply?
WDCS invites individual scientists, university affiliated researchers and non-governmental organisations to apply for funding. All applications will be treated on a case-by-case basis however preference will be given to applicants seeking funding for conservation research to be conducted in their country of nationality.
(There are of course exceptions, e.g. – areas where local expertise is lacking; however in these cases a capacity-building element for local researchers must be incorporated into the project.)
When can I apply?
There are 2 funding cycles per annum: -
Application Deadline (1) – 1st June
Notification (on or before) – 1st September
Funding available from – 1st October
Application Deadline (2) – 1st December
Notification (on or before) – 1st March
Funding available from – 1st April
NB. Applications for Emergency Funding will be accepted at anytime.

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Les baleines à bosse partagent des cellules du cerveau avec les humains

27 février 2008

Le Dr Vincent STASZEWSKI du Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive (CEFE) de Montpellier, nous avait fait parvenir l’information ci-dessous.  N’hésitez pas à envoyer des informations que vous jugez intéressantes, nous pourrons les relayer sur le blog du réseau cétacés.

Les baleines à bosse ont rejoint un groupe évolutif au côté des humains, des gorilles et des dauphins, grâce à la découverte d’un type particulier de cellules du cerveau chez ces grands mammifères marins. Les cerveaux des baleines à bosse contiennent des « spindles neurons », une sorte de cellules du cerveau que l’ont trouve dans le cortex cérébral des grands primates comme les humains et les gorilles (voir le résumé de l’étude au lien suivant).

http://www.cbc.ca/technology/story/2006/11/27/humpback-brains.html

Appel à projets ProGeCo

22 février 2008

La date initialement prévue du 4 février 2008 pour l’invitation à soumettre le formulaire complet de demande a été repoussée au 10 mars. Cependant, ProGeCo vient d’envoyer un courrier à tous les soumissionnaires pour les informer des résultats de l’ouverture et de la vérification administrative.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le site : http://www.progeco-oi.org/ 

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