Echouages et recherche pétrolière

Merci à Jean-Pascal Quod et à Jeremy KISZKA qui nous ont fait parvenir des photos et des informations sur les échouages de cétacés à Madagascar.  D’après les informations reçues des uns et des autres, il s’agirait de plusieurs échouages sur la cote ouest de Madagascar dont certains impliquaient des centaines d’individus (pseudorques et petits delphinidés, probablement du genre Stenella). Il est possible que ces échouages soient en lien avec les activités de prospection pétrolière en cours autour des Comores et le long des côtes malgaches. 

A ce sujet, Olivier Adam fait les constats suivants : 

1.  La recherche pétrolifère pose des problèmes de nuisance acoustique. 

2.  Il est difficile de se prononcer sur l’impact des sons émis par les canons à air sur toutes les espèces de cétacés. Des témoignages montrent par exemple que des cachalots s’approchent des navires alors que les canons à air sont en activité.

3.  La recherche scientifique ne pourra pas empêcher la recherche pétrolifère. Par contre, elle peut tenter de la contraindre, en limitant l’accès à certaines zones pendant des périodes précises (sur la base de cartes de hot-spots) et en incitant au respect d’une charte d’utilisation des instruments (« ramp-up » notamment).  Parmi les propositions d’intervention possibles dans le cadre du réseau cétacés, j’ai noté (en les regroupant entre mise en œuvre à court terme et à plus long terme).

A court terme : 

  • Recenser les prospections. 
  • Alerter les autorités des différents pays. 
  • Assurer un suivi rigoureux des échouages. 

A moyen ou long terme : 

  • Recenser les espèces (ou sous-espèces) de cétacés qui seraient particulièrement sensibles à cette nuisance sonore. 
  • Établir une carte des hot-spots de présence des cétacés. 
  • Définir et diffuser une charte d’utilisation des instruments utilisés en recherche pétrolière. 
  • Assurer une veille des populations pour préserver ces dernières des impacts humains. 
  • Mettre en commun les informations au niveau régional. 
  • Placer des observateurs (scientifiques et/ou d’ONG) à bord des navires de recherche. 

Comme l’a fait remarquer Michel Vély, ce sujet est apparu comme une priorité lors de l’atelier de Madagascar et sera traité comme tel dés que les financements seront disponibles pour la mise en œuvre d’un projet régional cétacés-dugong. Cependant, les financements pour un « gros projet global » qui permettront de mettre en œuvre les 6 composantes identifiées à SM ne sont pas encore disponibles et il va falloir identifier d’autre financements pour lancer rapidement une étude sur le sujet.  Dans l’immédiat, il serait souhaitable de récolter toutes les informations pertinentes et les études qui ont été réalisées sur cette question dans la région du SW de l’Océan Indien.

Denis 

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